Après son projet raté d’investissements privés à la FIFA, Gianni Infantino se trouve dans la tourmente. Plusieurs fédérations ont demandé sa démission, alors qu’il était à ce jour le seul candidat à sa succession pour l’élection de mars 2027. A la recherche de soutien, le dirigeant italo-suisse se tourne vers son copain Donald Trump, qui a le don de sanctionner et de menacer tous ceux qui ne lui obéissent pas. Mais le président américain ne semble pas très désireux de le secourir.
Gianni Infantino doit se mordre les doigts d’avoir eu les yeux plus gros que le ventre. Alors qu’il était quasiment assuré d’une réélection pour un troisième mandat en mars 2027, le voici désormais au bord du gouffre. Plusieurs fédérations en veulent au patron de la FIFA d’avoir voulu privatiser l’organisation en vendant des parts à des investisseurs privés dirigés par le frère cadet du gendre de Donald Trump, Joshua Kushner. S’il a retiré le projet vendredi dernier après de vives critiques, il n’est pas sorti d’affaires.
Seule la CAF n’a pas condamné le projet de privatisation de la FIFA
L’UEFA a appelé à sa démission, après avoir menacé de boycotter les compétitions de la FIFA. De leurs côtés, la CONCACAF et l’AFC (la fédération asiatique de football) lui ont retiré leur soutien, voyant dans la manœuvre du dirigeant helvétique le symptôme d’une gouvernance qui a cessé de placer le football au premier plan. Seule la Confédération africaine de football (CAF) a semblé soutenir le plan de privatisation. Elle a invité ses membres à la concertation et a étudié sérieusement le projet, qui pourrait lui permettre de toucher à une manne financière vitale pour le football africain.
Donald Trump n’a pas l’air de vouloir se mêler de la crise à la FIFA
Face à l’appel à la démission de l’UEFA, la confédération la plus puissante, Gianni Infantino se cherche désormais des alliés ça et là. Selon le New York Times, il tenterait désespérément de joindre Donald Trump et son cercle rapproché, notamment son secrétaire d’État Marco Rubio, pour assurer sa place à la tête de la FIFA. Mais Donald Trump ne serait pas prêt à lui jeter une bouée de sauvetage. Si c’est vrai, ce serait ingrat de la part du président américain, après que le dirigeant italo-suisse a fait la courbette pour lui.
Gianni Infantino et Donald Trump très copains
Gianni Infantino lui a accordé un ridicule prix de la paix de la FIFA en fin d’année 2025. Il a aussi accepté sa demande d’annulation du carton rouge du joueur américain Florian Balogun, avant le huitième de finale de la Coupe du monde, perdu par les Etats-Unis face à la Belgique. Les deux hommes se sont beaucoup rapprochés au cours de cette compétition, apparaissant souvent bras dessus, bras dessous et tout sourire en tribunes. Cette complicité a été dénoncée tout au long du tournoi, qui a semblé plus commercial que sportif. L’ONG de défense des droits humains FairSquare a même déposé une plainte auprès de la commission d’éthique du CIO (Comité international olympique) contre Gianni Infantino pour avoir enfreint les règles du CIO en matière de neutralité politique.
Gianni Infantino, l’homme des reformes controversées
Élu pour la première fois en 2016 contre quatre candidats, Gianni Infantino a succédé au légendaire dirigeant de la FIFA Sepp Blatter. Le dirigeant suisse est associé à de nombreuses réformes, souvent controversées. À la Coupe du monde 2026, notamment, il a introduit deux pauses fraîcheurs et un mini-concert de 30 minutes lors de la finale. Il a aussi fait passer le Mondial de 32 à 48 équipes et vise désormais les 64 équipes pour 2030. Infantino a en outre inauguré la Coupe du monde des clubs à 32 équipes pendant l’été 2025 aux Etats-Unis. Les compétitions élargies et jouées dans plusieurs pays permettent d’augmenter considérablement les revenus de la FIFA, parfois au détriment du spectacle. Beaucoup l’accusent de tuer à petit feu le football.
