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« Le Bus : Les Bleus en Grève », le docu de la discorde

Netflix a sorti, le mercredi 13 mai, un documentaire intitulé « Le Bus : Les Bleus en Grève », qui revient sur la rébellion des joueurs de l’équipe de France lors de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. S’il ambitionnait de panser les plaies, le film n’a fait que rouvrir les douloureuses blessures. Son contenu ne plaît pas à Raymond Domenech, le sélectionneur de l’Equipe de France à l’époque. L’ancien entraîneur dénonce « la vulgarité et le sensationnalisme » de la production.

Seize ans après les faits, les blessures sont toujours vives. Netflix a sorti, le mercredi 13 mai, un documentaire intitulé « Le Bus : Les Bleus en Grève », qui revient sur le fiasco ayant mené à la grève de l’entraînement à Knysna et à une élimination précoce des Bleus lors de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. Le film est alimenté par plusieurs témoignages, dont ceux de Raymond Domenech (sélectionneur à l’époque), Patrice Evra (capitaine), William Gallas et Bacary Sagna (joueurs), Robert Duverne (préparateur physique), Vincent Duluc et Sébastien Tarrago (journalistes de L’Equipe) et Roselyne Bachelot (ministre de la Santé et des Sports de 2007 à 2010).

« Le Bus : Les Bleus en Grève » ne fait pas de grandes révélations

A travers ces témoignages, « Le Bus : Les Bleus en Grève » fait revivre l’atmosphère irrespirable qui régnait au sein de l’Equipe de France lors de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, la première sur le continent africain. Cette crise a connu son paroxysme quand les joueurs ont décidé de boycotter l’entraînement à Knysna, devant les caméras du monde entier.

Le quotidien L’Equipe y consacrera un article choc, avec en couverture une image montrant le bus des Bleus, rideaux tirés. Mais le docu ne fait pas de grandes révélations, puisqu’on sait déjà tout ce qu’il raconte. Son intérêt réside plutôt dans la publication d’extraits du journal intime du sélectionneur, en particulier des passages où appariassent des insultes ou des propos très durs envers certains joueurs.

« Le Bus : Les Bleus en Grève » est « un réquisitoire extraordinairement violent » selon Raymond Domenech

Raymond Domenech aurait notamment écrit ceci : « Envie de disparaître loin de tout, j’ai parfois des montées de haine envers ces abrutis », après la défaite contre le Mexique (0-2). Sans surprise, l’ancien manager n’a pas apprécié ces révélations. Sur ses réseaux sociaux, il s’estime « meurtri et trahi » par une version finale qu’il juge mensongère et tapageuse.

Selon lui, « Le Bus : Les Bleus en Grève » est « un réquisitoire extraordinairement violent » contre sa personne, « un film totalement à charge et d’une partialité nauséabonde. ». L’ex sélectionneur des Bleus dit n’avoir pas accepté de participer à ce documentaire pour faire parler de lui, ni pour régler ses comptes. « J’ai depuis longtemps abandonné l’aigreur et ce qui se voulait une thérapie est devenu une poubelle haineuse. », assure-t-il.

Les notes de son journal intime « ne sont pas destinées à être livrées telles » dans le doc « Le Bus : Les Bleus en Grève »

Raymond Domenech affirme également que « la production du film n’a pas tenu ses engagements », alors que sa participation au documentaire était conditionnée à « un droit de regard sur tout ». Ce qui lui a été refusé « avec la plus grande malhonnêteté ». Il reproche en outre à la production d’avoir utilisé les notes de son journal intime qui « ne sont pas destinées à être livrées telles ». Comme pour n’importe quel journal intime, ajoute-t-il, ces écrits « permettent, à ce moment-là, de maintenir en vie une femme ou un homme, accablé(e) de toutes parts ». Face à autant de « trahison », il tient à se « désolidariser de toutes [ses] forces de ce documentaire ».

Netflix assure que le documentaire n’est « ni un réquisitoire, ni une tribune »

Contacté par l’AFP à propos de la réaction de l’ex entraineur des Bleus, Netflix a répondu que le film n’était « ni un réquisitoire, ni une tribune », et qu’il avait été réalisé dans une logique de confrontation de récits. D’après la plateforme, Raymond Domenech a donné volontairement accès au journal qu’il tenait à l’époque et qui a inspiré un premier livre il y a des années, « Tout seul ». Stephen Kamga, l’un des producteurs du docu, a affirmé pour sa part avoir été étonné par la blessure encore béante chez les protagonistes. Et c’est peu de le dire. Dans le documentaire, chacun a tenu à rester sur sa version des faits, comme si la faute incombait aux autres.

Franck Ribéry promet la « vraie » version pour plus tard

Absent du film, qui revient notamment sur son passage lors de l’émission Téléfoot, Franck Ribéry a confirmé que les plaies n’étaient pas complétement guéries. Réagissant sur X le soir même de la sortie du documentaire, l’ancien ailier des Bleus a annoncé garder « la vraie histoire pour plus tard ». Il semble répondre aux propos de Raymond Domenech insinuant que la « taupe » à l’origine de la fuite dans les médias de la friction entre Anelka et lui puisse être Franck Ribéry. Anelka aurait déclaré à son coach : « Va te faire enculer, sale fils de pute », au moment de la grève. Mais Raymond Domenech a nié cette histoire et juré que le joueur ne lui a jamais dit cela.