Introduite pour la première fois en Coupe du monde, la pause fraîcheur ne fait pas l’unanimité au sein des supporters et acteurs du football. D’une durée de trois minutes, cet arrêt permet aux joueurs de s’hydrater, alors qu’il fait de plus en plus chaud à cause du changement climatique. Mais beaucoup le considèrent comme une astuce pour placer plus de publicités à l’écran, au détriment du jeu.
La Coupe du monde 2026 en Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada et Mexique) a débuté il y a de cela plus d’une semaine. Elle est marquée par l’introduction d’une nouveauté, la « pause fraîcheur », ou « hydration break » en anglais. Longue de trois minutes, cette pause décidée par l’arbitre ((entre la 22e et la 25e minute et entre la 67e et la 70e minute) permet aux joueurs de se désaltérer. Elle est une réponse aux fortes températures, de plus en plus fréquentes pendant l’été à cause du réchauffement climatique.
La pause fraîcheur tuerait le jeu
Si cette pause fraicheur instaurée par la FIFA est censée permettre aux joueurs de mieux vivre les coups de chaleur, force est de constater qu’elle s’applique indépendamment de la température ou des conditions de jeu. Ainsi, même si les températures sont clémentes, les arbitres continuent de respecter la règle. Mais cette innovation ne plait à de nombreux supporters. Selon eux, elle tue le jeu en refroidissant les acteurs sur la pelouse à des moments critiques. Par exemple lors du carton de l’Allemagne face au Curaçao (7-1), la pause de la première période est tombée pile au moment où l’outsider est revenu au score (1-1) et poussait fort. Le cooling break aurait brisé net cet élan.
La pause fraîcheur huée lors des rencontres
Pour exprimer leur désapprobation, les supporters ont hué la pause fraîcheur d’Angleterre-Croatie (4-2) mercredi dans l’antre de l’AT & T, à Arlington au Texas, ainsi que celle du match Ghana-Panama (1-0) au Toronto Stadium. Ils estiment que cette nouvelle règle est une grossière manœuvre de la FIFA et de ses partenaires pour faire passer de la pub à un moment de grande audience et de grande attention. En effet, l’hydration break permet aussi aux diffuseurs de la compétition – qui paient la somme record de 4,2 milliards de dollars de droits TV – de programmer des écrans publicitaires supplémentaires.
Pour certains, il s’agit plutôt d’une pause publicitaire
Ces diffuseurs profitent à fond du cooling break, au point d’oublier parfois que la rencontre a repris. Ce fut le cas lors du match d’ouverture entre le Mexique et l’Afrique du Sud. La chaîne Fox News a manqué plusieurs secondes de jeu au retour de la deuxième pause fraîcheur car occupée à terminer sa fenêtre publicitaire, qui ne doit pas excéder 2 minutes et 10 secondes. Face à ces manquements, un supporter affirme qu’il s’agit d’« une pause publicitaire, pas une pause fraîcheur ». Un autre y voit « l’américanisation du football » et il n’a pas tort.
Aux Etats-Unis, le sport est pensé comme un produit de divertissement et un vecteur économique
Aux Etats-Unis, les grandes ligues sportives comme la NFL (football américain) ou la NBA (basketball) fonctionnent par séquences, en quart-temps. Ces arrêts réguliers, qui ouvrent une fenêtre sur des spots publicitaires et de l’animation (Dj set, pompon girls), vise à transformer le sport en véritable spectacle, quitte à faire passer le jeu au second plan. En Amérique, le sport est pensé comme un produit de divertissement et un vecteur économique.
L’UEFA et la LFP s’interdisent pour l’instant la pause fraîcheur
Mais il ne faut pas accuser uniquement les autorités américaines. La FIFA aussi s’est transformée en une gigantesque machine à sous. Ces dernières années, l’organisation a pris plusieurs mesures discutables pour faire plus de sous, comme une Coupe du monde qui s’étend à de plus en plus d’équipes et qui se joue dans trois pays. Si la pause fraîcheur s’incruste dans le Mondial, l’UEFA et la LFP ne sont pas encore prêtes à l’introduire à leur niveau. Elles se contentent pour l’instant des décisions au cas par cas, quand la chaleur l’exige, et rejettent une généralisation.
