On le voyait bien finir au Stade Toulousain, mais ce ne sera pas le cas. Thomas Ramos, figure majeure des Rouge et Noir depuis son arrivée en 2012, va rejoindre le Racing 92 dès l’automne 2027. Ce transfert constitue une belle opération pour le club francilien, qui récupère l’un des meilleurs joueurs du monde, encore au sommet de son art. Mais beaucoup ne comprennent pas son départ.
Mardi 4 août, le Stade Toulousain a annoncé que Thomas Ramos rejoindra le Racing 92 après la prochaine Coupe du monde 2027 en Australie, pour un contrat de trois saisons. Ce transfert est un séisme dans le monde du rugby, tant le joueur incarnait le club toulousain. Façonné à Ernest-Wallon depuis 2012, l’arrière était devenu l’un des meilleurs à son poste au monde, un cadre de son club et du XV de France, jusqu’à en devenir son meilleur réalisateur. Son histoire semblait donc être condamnée à s’écrire en rouge et noir jusqu’au bout. Pourtant, elle va se poursuivre en ciel et blanc.
Yoann Huget ne voyait pas Thomas Ramos au Racing 92
Yoann Huget, ancien ailier de la Vierge Rouge, qui a gagné un Brennus avec Ramos en 2019, dit être surpris par ce transfert. « C’est rare que le Stade Toulousain laisse partir des joueurs aussi importants de son effectif. […] Je ne le voyais pas du tout aller là-bas », a déclaré l’Ariégeois devenu consultant pour RMC. L’ex coéquipier révèle en outre que « d’autres clubs étaient dans la course mais Thomas a choisi le Racing parce que c’est le club qui lui apportait le plus de garanties pour jouer au plus haut niveau. ». Il pense toutefois que « ça a dû être compliqué pour lui de prendre cette décision (…) vu l’attachement qu’il a pour le club ».
« C’est dans l’ordre des choses » pour Guy Novès
Pour sa part, Guy Novès estime que « c’est dans l’ordre des choses », même s’il a été étonné par l’annonce du départ de Ramos au Racing 92. Selon l’ancien manager iconique du Stade Toulousain (1993 – 2015), « les propositions qu’on lui a faites [pour prolonger] ne lui convenaient pas ». Or, ajoute-t-il, l’arrière a besoin de « terminer sa carrière en préservant les ressources qu’il a accumulées » car, « après tout, ce qu’il a accompli jusqu’à présent doit bien lui servir à quelque chose. ».
Midi Olympique évoque aussi la question financière. Le journal référence du rugby rapporte que les discussions autour d’un nouveau contrat ont débuté à la fin de l’été 2025, mais qu’elles ont rapidement capoté à cause d’une règle interne appliquée depuis plusieurs années : les joueurs de plus de 30 ans doivent accepter une baisse de rémunération pour prolonger leur contrat.
Le Stade Toulousain face à la règle du salary cap
Pour Thomas Ramos, 31 ans, la baisse à consentir était de l’ordre de 25%. À ce principe tacite du Stade Toulousain s’ajoute l’évolution récente des règles du salary cap au sein de la Ligue Nationale de Rugby (LNR). Cette réforme a réduit les crédits accordés aux clubs comptant de nombreux internationaux, impactant directement les marges de manœuvre de l’effectif rouge et noir particulièrement fourni en joueurs tricolores. Par ailleurs, le club toulousain été condamné à une nouvelle amende de 2,88 millions d’euros pour infraction au règlement du salary cap, décision actuellement en appel.
Thomas Ramos arrivera au Racing 92 en leader reconnu
Préoccupé par d’autres dossiers clés, le Stade Toulousain aurait volontairement traîné les pieds dans les négociations avec Thomas Ramos. Le joueur et son entourage auraient mal vécu cette attente. C’est dans ce contexte déjà fragilisé que le Racing 92 a formulé une offre ferme de trois ans, assortie d’un projet sportif ambitieux. Le club francilien est un grand de Top 14, qui peut jouer le haut du tableau. Ramos y retrouvera d’ailleurs d’anciens coéquipiers. Plus encore, il arrive avec un statut de leader reconnu et pourra encadrer une génération montante issue du centre de formation.
