Dans un communiqué conjoint publié lundi, la FFR et la LNR ont réaffirmé leur opposition au carton rouge 20 minutes, qui permet d’exclure un joueur définitivement et à son équipe de le remplacer au bout de 20 minutes. Selon les deux organisations du rugby français, cette règle est un danger majeur pour l’ovalie. Elle diminuerait la sévérité de la sanction et inciterait à moins de vigilance sur les gestes dangereux.
Dans un communiqué conjoint publié le lundi 27 avril, la Fédération Française de Rugby (FFR) et la Ligue Nationale de Rugby (LNR) ont de nouveau critiqué la mise en place du carton rouge 20 minutes, qui permet d’exclure un joueur définitivement mais à son équipe de le remplacer au bout de 20 minutes. Les organisations qualifient cette règle de « danger majeur pour le rugby » car elle « diminue la sévérité de la sanction et pourrait inciter à moins de vigilance sur les gestes dangereux ».
Le carton rouge 20 minutes introduit par World Rugby en 2025
Introduite par World Rugby pour la première fois à la Coupe du Monde de Rugby Féminine 2025, le carton rouge 20 minutes permet à un arbitre d’exclure définitivement un joueur pour un geste jugé volontaire et extrêmement dangereux, et à son équipe de le remplacer par un autre joueur après 20 minutes d’infériorité numérique. Contrairement à ce que suggère son nom, il tire sur l’orange pour le différencier du carton rouge définitif. L’objectif de cette sanction est double : protéger la santé des joueurs et des joueuses tout en préservant l’équilibre du match de rugby (qui se joue à 15).
Renommer le carton rouge 20 minutes
Si le carton rouge 20 minutes est utilisé en Top 14 et en Pro D2, la France n’a jamais vraiment adhéré au principe dès le départ. Et une nouvelle fois, la FFR et la LNR réaffirment l’importance de s’opposer au dispositif tel que World Rugby l’utilise aujourd’hui. Mieux, les deux instances proposent des alternatives, s’appuyant sur les expérimentations déjà menées en Top 14. Elles recommandent notamment de renommer la sanction pour l’appeler « carton orange » afin de ne pas dévaluer le carton rouge traditionnel, qui doit rester la sanction ultime pour les fautes les plus graves.
La FFR et la LNR veulent muscler le « bunker »
Aussi, la FFR et la LNR veulent muscler le « bunker ». Ce dispositif de révision vidéo (utilisé lors des matchs internationaux) ne permet actuellement que de donner un carton rouge de 20 minutes. La France souhaite qu’il puisse infliger un carton rouge définitif si l’action le justifie. Grâce à ces mesures, le rugby français veut préserver la santé des joueurs en maintenant des sanctions dissuasives pour les chocs à la tête. Il souhaite aussi redonner du pouvoir à l’arbitre central. En s’opposant à l’unanimité à ces réformes, la France espère aussi peser sur les prochaines décisions de World Rugby et éviter une harmonisation mondiale qu’elle juge néfaste pour l’avenir de l’ovalie.
Un retour à la règle des huit remplacements possibles au cours d’un match
Dans leur communiqué commun, la FFR et la LNR ont également annoncé un retour à la règle des huit remplacements possibles au cours d’un match. Depuis 2018, elles menaient une expérimentation à douze changements, permettant à des joueurs sortis d’entrer de nouveau en jeu au nom de la santé des rugbymen. La France était le seul championnat professionnel au monde à appliquer cette mesure.
Mais l’expérimentation « n’a produit aucune amélioration probante » expliquent la FFR et la LNR. Enfin, les deux instances comptent demander à la fédération internationale de mettre en place « une expérimentation visant à réduire le temps accordé pour taper une pénalité et une transformation à 45 secondes », contre 60 secondes actuellement (90 secondes jusqu’en 2023).
