Coutumier des coups de gueule sur le dopage, le Français Jimmy Gressier a fait une nouvelle sortie, cette fois sur le cas Ruth Chepngetich. Le champion du monde du 10 000 m ne comprend pas pourquoi World Athletics n’a toujours pas retiré ses records à la marathonienne kenyane suspendue pour trois ans pour dopage, quelques mois après son chrono à Chicago, en octobre 2024. Selon lui, tous les records des athlètes dopés devraient être effacés des tablettes pour ne pas envoyer un mauvais signal aux autres coureurs.
Jimmy Gressier souhaite un sport propre et équitable pour tous les athlètes. C’est pourquoi, il fustige régulièrement les cas de dopage dans l’athlétisme, autant féminin que masculin. Sa dernière sortie sur ce dossier vise la Kényane Ruth Chepngetich, suspendue trois ans pour dopage en avril 2025, mais qui conserve toujours ses trophées et ses records. Le coureur français dit ne pas comprendre cette situation.
Ruth Chepngetich a pulvérisé le record du monde féminin en octobre 2024
Il y a plus d’un an, le 13 octobre 2024, Ruth Chepngetich a explosé le record du monde du marathon à Chicago, de près de deux minutes (2h09’56’’ contre 2h11’53’’ pour le précédent chrono référence de l’Ethiopienne Tigist Assefa). Mais cet exploit sera remis en cause par un contrôle positif à l’hydrochlorothiazide (un diurétique interdit), effectué en mars 2025. Après avoir d’abord évoqué une erreur dans la prise de médicaments, à cause de sa femme de ménage, la marathonienne de 31 ans a finalement avoué sa faute. En avril dernier, elle a été suspendue logiquement pour trois ans, sans que son temps réalisé à Chicago ne lui soit retiré.
Jimmy Gressier a répondu à une déclaration du président de World Athletics
Interrogé à ce sujet récemment, le président de World Athletics Sebastian Coe a reconnu auprès de l’AFP que ce chrono lui causait « beaucoup de frustration », mais qu’il ne pouvait rien faire pour l’invalider en l’état actuel des règlements. « Il y a bien sûr des difficultés juridiques. La seule charge de la preuve ne peut être qu’un test positif et/ou le fait établi qu’une infraction aux règles sur le dopage a été commise au moment où la performance a été réalisée », a-t-il déclaré pour justifier le maintien du record. Le dirigeant britannique ajoute qu’il est difficile d’établir « rétrospectivement et de manière catégorique » qu’une performance a été réalisée en utilisant des substances prohibées.
Jimmy Gressier appelle tout le monde à se doper pour rétablir l’égalité
Pour Jimmy Gressier, cette impuissance de World Athletics à retirer des titres pour dopage institutionnalise la tricherie et promeut l’injustice. « Ça renvoie un message délétère », a regretté le Boulonnais de 28 ans dans une story publiée sur Instagram. Le sacré champion du monde du 10 000 m (le 14 septembre à Tokyo) pense « que quelqu’un qui se charge avec des substances et se fait attraper, on devrait lui effacer tous ses records, que ce soit un record du monde, de France, d’Espagne… ».
Plus qu’agacé par l’explication de Sébastian Coe, le Français appelle carrément (c’est de l’ironie) tous les athlètes à se doper pour rétablir l’égalité sur la ligne de départ : « Allez-y, les athlètes féminines, essayez de battre ce record du monde, faux, sûrement fait avec des substances dopantes, parce que le contrôle est revenu positif cinq mois après le record ». Peut-être devrait-il inviter les dopés à participer aux prochains Enhanced Games (21 au 24 mai 2026), où c’est permis de se piquer les nerfs avec des produits interdits…
