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XV de France : après dix ans de partenariat, la FFR se sépare de son sponsor maillot historique Altrad

Nouveau maillot du XV de France signé Adidas, avec le sponsor maillot Altrad.

Après dix années de collaboration, la FFR a décidé de ne pas reconduire son partenariat avec le groupe Altrad, qui disparaîtra du maillot des Bleus à partir de juillet 2027. L’instance a écarté la nouvelle offre de son sponsor historique et lancé la recherche d’un successeur. L’armateur CMA CGM figure parmi les candidats pressentis pour reprendre ce contrat stratégique.

Altrad ne sera plus le partenaire maillot des équipes de France de rugby à l’issue de la saison 2026-2027. La Fédération française de rugby (FFR) a officialisé mardi 3 novembre le rejet de la proposition du groupe pour le prochain contrat, qui doit débuter en juillet 2027. Une page se tourne donc pour les deux parties, après une décennie de présence de l’entreprise sur la tunique des Bleus.

Un groupe spécialisé dans les prestations de services à l’industrie

Fondé en 1985 par Mohed Altrad et basé à Montpellier, le Groupe Altrad est un acteur industriel français majeur. Il est spécialisé dans les prestations de services à l’industrie (pétrole et gaz, nucléaire, construction navale, infrastructures) ainsi que dans la fabrication, la vente et la location d’équipements pour le bâtiment et les travaux publics (échafaudages, bétonnières). Son fondateur est également le propriétaire du club de rugby de Montpellier (MHR), qui évolue actuellement en Top 14, l’élite du rugby français.

Altrad, premier sponsor maillot de l’histoire du XV de France

Le partenariat avec la FFR avait débuté en mars 2017, faisant d’Altrad le premier sponsor maillot de l’histoire du XV de France. Initialement conclu pour six ans, il avait été prolongé de deux ans et demi en 2024. La contribution du groupe représentait plusieurs millions d’euros par saison (autour de 10 millions selon certaines sources).

Dans son communiqué publié mardi, la fédération a tenu à remercier Mohed Altrad et son entreprise pour leur soutien aux « équipes nationales, féminines comme masculines, ainsi qu’à l’ensemble de la communauté du rugby ». De son côté, l’homme d’affaires a évoqué la fin d’une « belle histoire », et affirmé que « la fierté d’avoir participé à l’histoire du rugby français demeurerait intacte ».

CMA CGM en bonne position pour remplacer Altrad

La FFR a précisé que plusieurs propositions sont à l’étude pour un nouveau sponsor et qu’aucun choix définitif n’avait été arrêté pour l’instant. CMA CGM, troisième groupe mondial de transport maritime par conteneurs, serait toutefois bien placé pour remplacer Altrad. Déjà engagé dans le sport, notamment auprès de l’Olympique de Marseille et de l’équipe cycliste Decathlon CMA CGM, dont le leader est le prodige français Paul Seixas, l’armateur marseillais pourrait proposer une contribution estimée à près de 10 millions d’euros par an.

Une séparation dans un contexte particulier, marqué par l’affaire judiciaire opposant Mohed Altrad à Bernard Laporte, ancien président de la FFR

Si les raisons n’ont pas été données, la séparation d’avec le partenaire historique intervient dans un contexte particulier, marqué par l’affaire judiciaire opposant Mohed Altrad à Bernard Laporte, ancien président de la FFR. En décembre 2022, les deux hommes avaient été condamnés en première instance pour corruption et trafic d’influence.

Le dossier remonte à février 2017, lorsque Laporte avait conclu avec une société du groupe Altrad un contrat d’image de 180 000 euros, dont les prestations n’auraient jamais été réalisées. Parallèlement, le dirigeant était intervenu à plusieurs reprises en faveur des intérêts de l’homme d’affaires, notamment lors de l’attribution du sponsoring du maillot des Bleus, conclu à hauteur de 35 millions d’euros en janvier 2018.

Le dossier a peut-être précipité la fin du partenariat

Bernard Laporte avait été condamné à deux ans de prison avec sursis et 75 000 euros d’amende, tandis que Mohed Altrad avait écopé de 18 mois avec sursis et 50 000 euros d’amende. Les deux parties ont fait appel. Leur procès, initialement programmé en septembre 2026, a été reporté à mars 2027. Si la FFR n’a pas officiellement relié sa décision à cette procédure, l’approche de ce nouveau rendez-vous judiciaire pourrait avoir accéléré la volonté de tourner la page d’un partenariat devenu sensible pour l’image de l’institution.