Les JO de Los Angeles 2028 sont-ils menacés par une nouvelle ingérence de Donald Trump dans le sport ? Le CIO craint que le président américain gâche la fête, après qu’il a énormément interféré dans l’organisation de la Coupe du monde aux Etats-Unis. Christophe Dubi, le directeur exécutif des Jeux au sein de l’instance, a déclaré qu’il est important que « l’indépendance du sport » prime au cours de cet évènement.
Les Jeux olympiques d’été de Los Angeles, aux Etats-Unis, se tiendront du 14 au 30 juillet 2028. À cette occasion, la Cité des Anges accueillera des centaines d’athlètes venus du monde entier. Elle promet une fête totale, avec des panoramas iconiques, de la colline d’Hollywood aux plages de Long Beach, en passant par des enceintes XXL comme le Memorial Coliseum. Mais, avec Donald Trump encore à la Maison Blanche – son second mandat prend fin en novembre 2028 – il n’y a aucune garantie que tout se passera bien.
Après l’ingérence de Trump dans le Mondial de football, des craintes sur les JO de Los Angeles
Beaucoup d’observateurs, de supporters, de sportifs et de dirigeants craignent que le président américain interfère dans l’organisation de ces 34e Jeux. Le dirigeant a l’habitude de faire siennes les compétitions qui ont eu sur le sol américain. En témoigne ses interventions polémiques pendant la Coupe du monde 2026, qui vient de s’achever.
Donald Trump a notamment appelé le patron de la FIFA, Gianni Infantino, pour faire annuler le carton rouge du joueur américain Florian Balogun. Il a également refusé des visas et l’entrée sur le sol américain des supporters de plusieurs pays pour des raisons diverses (sécurité nationale, épidémie d’Ebola, notamment). Washington a en outre interdit à l’équipe de la République islamique d’Iran de passer du temps sur son sol avant et après ses matchs.
Donald Trump pourrait gâcher la fête aux JO de Los Angeles
On s’inquiète que Donald Trump se mêle des JO de Los Angeles d’autant qu’il a déjà envoyé de mauvais signaux. Il a notamment mis en place en août 2025 un groupe de travail qu’il préside lui-même, au risque de créer des frictions avec le Comité international olympique (CIO) et les autorités démocrates locales.
Lors de la réquisition de la Garde nationale en Californie en juin 2025, le président américain avait attaqué le gouverneur démocrate de Los Angeles Gavin Newsom ainsi que la maire démocrate Karen Bass, qualifiée de « pas très compétente ». Il avait dit vouloir rétablir l’ordre dans la Cité des Anges, après des manifestations contre des arrestations d’immigrés par la police fédérale de l’immigration (ICE). Par ailleurs, il a annoncé que les Etats-Unis ne laisseraient pas des hommes voler les trophées aux femmes pendant les JO, s’attaquant une nouvelle fois aux athlètes transgenres.
Le CIO a demandé des garanties dès le départ
Christophe Dubi, directeur exécutif des Jeux olympiques au CIO, fait partie de ceux qui se font des inquiétudes face au comportement de Donald Trump. Dans un entretien accordé à franceinfo, il affirme que son organisation a demandé des garanties dès le départ, en 2017, date d’attribution des Jeux à Los Angeles.
L’une de ces garanties était l’accès du territoire aux athlètes et à leurs entourages, grâce à l’accréditation. C’est dans ce sens qu’un système baptisé « Visalink » a été mis en place. Déjà testé, ce dispositif doit monter en puissance à deux ans des Jeux. « Au moment des Jeux, ce sont des dizaines de milliers de personnes qu’il faudra passer au travers de ce système. Il faut poursuivre les tests et anticiper. », a confié Christophe Dubi.
L’indépendance des JO de Los Angeles, la clé de la réussite de l’évènement
Outre l’accès au territoire américain, l’autre grand enjeu de ces JO au pays de Donald Trump c’est l’indépendance des Jeux. Le CIO a organisé une session il y a deux semaines pour prendre une série de décisions visant à renforcer cette notion d’indépendance, de façon à ce que les organisations sportives (comités nationaux, fédérations internationales), mais aussi les athlètes, soient protégés de toute ingérence et de toute discrimination. Pour l’heure, l’exclusion du président américain n’est pas évoquée. Elle n’est d’ailleurs pas possible…Connaissant l’homme, personne n’osera le contrarier de la sorte. Gianni Infantino en sait quelque chose.
Que le sport se déroule loin de la politique
Si le CIO ne peut pas l’empêcher d’assister aux épreuves, il demande à ce que le sport se déroule loin de la politique, que les athlètes soient libres d’y participer et que le meilleur gagne. « Une personne qui court extrêmement vite sera dans les starting blocks du 100 mètres ou 200 mètres de Los Angeles. Quelle que soit sa nationalité, quelle que soit sa religion ou ses convictions. C’est simple. Nous sommes qualifiés sur la base du mérite, puis il y a une règle, à savoir le premier qui passe la ligne gagne, point barre. Il n’y a rien d’autre que le règlement sportif. », a déclaré Christophe Dubi. Pour les protestations, le directeur exécutif des JO au CIO rappelle qu’il y a le Tribunal arbitral du sport (TAS), une cour ad hoc qui existe depuis très longtemps et qui permet de régler les différends entre les compétiteurs.
