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JO d’hiver 2030 : une plateforme de concertation citoyenne va ouvrir le 26 mai

La Solideo, organisme chargé de superviser la construction des infrastructures des JO d’hiver 2030, a annoncé l’ouverture d’une plateforme de concertation citoyenne le 26 mai prochain. Cette initiative vise à associer les citoyens à la programmation et à la mise en œuvre des ouvrages ainsi qu’à leur utilisation après les Jeux. Mais le « Collectif Citoyen JOP 2030 » y voit de l’enfumage. Il estime que cette consultation aurait dû avoir lieu depuis longtemps et que tout est déjà acté.

Vous l’avez réclamé, et bien la voilà… La Solideo, la Société de livraison des ouvrages olympiques, a annoncé l’ouverture d’une plateforme de de participation citoyenne le 26 mai prochain, pour une durée d’un mois. Cette plateforme doit permettre d’associer le public à la programmation et à la mise en œuvre des ouvrages ainsi qu’à leur utilisation à l’issue des Jeux. « Je vous donne tous rendez-vous aux réunions de concertation que nous allons faire sur chaque ouvrage, sur chaque site », a déclaré Damien Robert, directeur général de la Solideo. Le spécialiste du logement assure qu’il y aura des concertations sur l’ensemble des ouvrages, y compris les villages olympiques et les sites des compétitions.

La concertation sur les JO d’hiver 2030 intervient tardivement

Si une plateforme de consultation est en soi une bonne chose, son ouverture un peu tardive suscite néanmoins scepticisme et méfiance. En effet, cette initiative intervient après les critiques sur l’absence de consultation populaire lors de la candidature, les recours déboutés devant les juridictions françaises et l’ONU, et la décision du Conseil d’État refusant l’organisation d’un débat public global. En septembre 2025, le « Collectif Citoyen JOP 2030 » avait lancé des procédures devant les tribunaux administratifs de Paris, Lyon et Marseille, demandant une saisie de la Commission nationale du débat public (CNDP) pour débattre de l’intérêt général des JO d’hiver à la lumière des potentiels risques environnementaux.

La justice a réclamé plus de transparence à la Solideo sur les JO d’hiver 2030

Dans une ordonnance du 26 janvier 2026, le tribunal administratif de Marseille a réclamé plus de transparence à la Solideo, lui enjoignant principalement d’assurer la publicité prévue par le code de l’environnement. Le tribunal a également reconnu que la réalisation de travaux publics et d’ouvrages de grande ampleur, concernant notamment les complexes hôteliers, les enceintes sportives et les routes, pourrait avoir une incidence notable sur la vie des riverains et présenter des risques importants sur l’environnement. Mais ces remarques de la justice n’ont pas fait bouger les lignes dans l’immédiat. Il aurait fallu attendre plus de quatre mois plus tard.

Un leurre grossier plutôt qu’une ouverture démocratique

Le Collectif Citoyen JOP 2030 note ainsi que la concertation annoncée par Solideo arrive alors que l’essentiel est déjà acté. Il cite la signature du contrat hôte, le vote de la loi olympique, l’établissement des grands équilibres du projet et le lancement des premiers marchés. Il n’y a donc plus rien à faire. Dès lors, le collectif considère l’initiative comme un leurre grossier plutôt que comme une ouverture démocratique. La Solideo se moquerait des citoyens en leur demandant de s’exprimer sur un projet déjà bien ficelé, dont les travaux sont évalués à 1,4 milliard d’euros.