« En garde », le premier long-métrage de la Singapourienne Nelicia Low, est sorti dans les salles de cinéma françaises le mercredi 31 décembre 2025. Ce film relate l’histoire de deux frères escrimeurs, hantés par un crime passé et un amour idéalisé. La réalisatrice est une ancienne championne de sabre de la Cité-État, qui a choisi son sport favori comme fil rouge de ce récit.
Le mercredi 31 décembre, alors que les Français fêtaient pleinement le Réveillon, « En garde », le premier long-métrage de la réalisatrice Singapourienne Nelicia Low, sortait en toute discrétion dans les salles obscures en France. Ce film met en scène un drame familial captivant et troublant, où l’escrime tient un rôle central.
En garde raconte l’histoire d’un jeune escrimeur et de son aîné, ex prisonnier
C’est l’histoire de Jie (interprété par Liu Hsiu-fu), un jeune talent prometteur de l’escrime, qui renoue avec son frère aîné Han ( joué par Tsao Yu-ning), récemment libéré après sept ans de prison pour la mort accidentelle d’un adversaire lors d’une compétition. Han soutient discrètement son cadet dans son entraînement, dans un club à Taipei (Taiwan), l’aidant à viser une qualification aux championnats nationaux.
Mais une dispute éclate, et Jie commence à douter de l’innocence de son aîné. Le passé trouble de Han refait surface peu à peu, et son petit frère se pose mille et une questions. La relation fraternelle se retrouve fragilisée d’autant que la mère entre dans l’équation, elle qui a élevé seul le jeune escrimeur après la mort de leur père suite à un cancer.
L’escrime au cœur du long-métrage
À travers En garde, Nelicia Low veut mettre en scène le combat perpétuel d’un fils cadet en plein questionnement dans un cadre familial trouble. Elle souhaite aussi interroger la dynamique des relations dans une famille recomposée (la mère s’étant remarié). Le film ne cherche pas tant à livrer une vérité définitive, mais à susciter une réflexion sur la nature des liens qui unissent les membres d’une famille. Il privilégie ainsi l’ambiguïté émotionnelle et sentimentale, convoquant par moment la loyauté. Au cœur de ce méli mélo se trouve l’escrime et plus particulièrement le sabre. De nombreuses scènes ont été tournées dans la salle d’armes du club de Jie, un gymnase de Taipei.
En garde a obtenu plusieurs prix
Notons que Nelicia Low connait bien le milieu de l’escrime. La réalisatrice a été une sabreuse d’un bon niveau. Membre de l’équipe nationale singapourienne, elle a participé notamment aux Jeux Asiatiques de 2010, à Canton (Chine), et terminé 5e de l’épreuve du sabre par équipes. Après avoir pris sa retraite sportive, l’escrimeuse était partie à New York étudier le cinéma à l’université de Columbia.
Nelicia Low confie qu’elle a aimé l’escrime grâce aux films de son enfance, dont Star Wars et Le Seigneur des Anneaux, où on voit des sabres laser, armes emblématiques des Jedi. « Ce sont les films qui m’ont menée vers l’escrime, et non l’inverse ! », assure-t-elle. Son film En garde a obtenu plusieurs récompenses, dont le Grand Prix du jury au Festival international du film de La Roche-sur-Yon et le prix de la mise en scène au Festival de Karlovy Vary, en République tchèque, tous deux en 2024.
