Après avoir distribué des récompenses identiques lors des Championnats du monde 2026, la Fédération internationale d’escrime (FIE) veut aller plus loin dans l’égalité entre hommes et femmes. Elle souhaite désormais l’appliquer au coaching et à la gouvernance, avec l’objectif d’atteindre un minimum de 30 % de femmes dans les postes décisionnels d’ici à 2028. Cela pourrait se faire notamment grâce à la formation et à la création d’un programme mondial de mentorat.
L’escrime fait partie des rares sports à travailler réellement à l’égalité entre les hommes et les femmes. Elle l’a prouvé une nouvelle fois lors des Championnats du monde 2026 à Hong Kong. Au cours de cette compétition, la Fédération internationale d’escrime (FIE) a reparti de manière égale, dans les trois armes (fleuret, épée et sabre), la dotation de 1,02 million de dollars aux sportives et sportifs. Hommes comme femmes, les vainqueurs des épreuves individuelles ont reçu 40 000 dollars, les médaillés d’argent 20 000 dollars et ceux en bronze 10 000 dollars. Quant aux équipes sacrées, elles se sont partagé 50 000 dollars, contre 25 000 dollars pour l’argent et 15 000 pour le bronze.
La FIE s’inscrit dans une vision à long terme
Soucieuse de niveler toutes les catégories, la FIE a instauré la même politique chez les jeunes. Elle a récompensé les trois premiers des épreuves juniors et cadets avec des dotations en équipement identiques, quel que soit leur sexe. Selon son président par intérim, Abdelmoneim El Husseiny, cette décision reflète l’approche de la fédération centrée sur l’athlète et place les compétiteurs au cœur d’une stratégie à long terme sur la parité entre les sexes. Toutefois, il a reconnu que l’égalité ne peut se mesurer uniquement par le montant des prix. C’est pourquoi, la FIE va aller plus loin. L’organisation veut désormais que cette égalité s’applique aussi au coaching et à la gouvernance.
Un minimum de 30 % de femmes dans les postes décisionnels d’ici à 2028
Le chantier a été confié au Conseil des femmes et de l’escrime de la FIE. Ce Conseil a fait de la féminisation du coaching et de la gouvernance l’une des priorités de son plan stratégique 2025-2028 récemment mis en place. La feuille de route appelle à accroître la participation des femmes dans tous les aspects de l’escrime, avec pour objectif d’atteindre un minimum de 30 % de femmes dans les postes décisionnels d’ici à la fin du plan.
L’atteinte de cet objectif passera par le développement des politiques d’égalité au sein des fédérations nationales, mais aussi par l’instauration de programmes de formation et de mentorat mondial. Il s’agira aussi de lancer régulièrement des campagnes de promotion, comme la campagne « Visages des femmes en escrime » qui vise à célébrer les modèles féminins dans ce sport.
La FIE veut accorder des bourses et des subventions pour former les femmes au poste d’entraineur
La FIE prévoit en outre l’organisation de stages et de séminaires continentaux annuels dédiés au leadership féminin. Enfin, elle mise sur l’attribution de subventions et de bourses aux femmes engagées dans les formations d’entraîneures et d’arbitres. L’organisation ambitionne de certifier plus de 1 500 femmes dans ses programmes éducatifs d’ici à 2028 et d’accompagner plus de 500 participantes dans ses dispositifs de mentorat. Toutes ces initiatives suffiront-elles à faire évoluer significativement le coaching et la gouvernance dans l’escrime ? Seul le temps nous le dira. Mais tout dépendra de la volonté et de la sincérité des dirigeants actuels.
