Tennis Une

Grand Chelem : vers un boycott des tournois, sans de meilleures dotations ?

Depuis plusieurs jours, des joueurs réclament de meilleures dotations et menacent de boycotter les tournois du Grand Chelem s’ils n’obtiennent pas gain de cause. La numéro 1 mondiale WTA Aryna Sabalenka, le numéro 1 à l’ATP Jannik Sinner, Novak Djokovic ou encore Coco Gauff soutiennent cette initiative. Une réunion devrait avoir lieu avec les organisateurs pour éviter une crise au monde du tennis.

À l’approche de Roland-Garros (18 mai au 7 juin), un mouvement de révolte secoue le monde du tennis. Depuis plusieurs jours, des joueurs réclament de meilleurs prize money pour les quatre tournois du Grand Chelem (Open d’Australie, Roland-Garros, Wimbledon et US Open). Ils estiment que la part des revenus qui leur est reversée reste largement insuffisante. Tous, ou presque, se disent prêts à boycotter les compétitions si aucune augmentation n’est faite.

Aryna Sabalenka ne ferme pas la porte à un boycott des tournois du Grand Chelem

Cheffe de file du mouvement, la Biélorusse Aryna Sabalenka a déclaré lundi, à l’ouverture de l’ATP de Rome (5 au 17 mai), qu’elle envisageait sérieusement un boycott. « A un moment donné, il faudra boycotter si c’est la seule solution pour défendre nos droits », a lancé la numéro 1 mondiale WTA. Prenant la parole jeudi, Novak Djokovic a dit soutenir les joueurs qui réclament une meilleure répartition des revenus. Selon le Serbe, ancien numéro 1 mondial ATP, c’est dans « leur propre intérêt, mais aussi pour tout le monde », pour les joueurs moins bien classés, souvent confrontés à d’importantes difficultés financières.

C’est d’abord une question de respect pour Jannik Sinner

Coco Gauff partage cet avis. La championne américaine pense aussi que « dans beaucoup de sports, pour obtenir de vrais progrès », il faut se « syndiquer d’une manière ou d’une autre ». Jannik Sinner juge également cette initiative juste car « sans les joueurs, il n’y a pas de tournois ». Pour l’actuel numéro 1 mondial ATP, « c’est surtout une question de respect », au-delà de l’aspect financier. « Parce que je pense que nous donnons beaucoup plus que ce que nous recevons. Et ce n’est pas seulement pour les meilleurs joueurs, c’est pour nous tous. Chez les hommes comme chez les femmes, nous sommes très unis là-dessus », a-t-il expliqué.

Les joueurs exigent la redistribution de 22% des recettes des tournois du Grand Chelem

Rappelons que ce mouvement de contestation des dotations a débuté en mars 2025, quand plusieurs joueurs ont signé une missive à l’adresse des organisateurs de Grands Chelems. Dans cette lettre, ils font trois demandes concrètes. D’abord un financement du « bien-être » des joueurs pour assurer leurs frais de santé et leur retraite, entre autres. Ensuite une plus grande implication dans les prises de décisions qui les concernent. Enfin la redistribution de 22% des recettes des tournois aux joueurs sous forme de prize-money (contre environ 15% aujourd’hui). Plusieurs réunions ont eu lieu et ont permis d’obtenir des hausses. Mais les joueurs les trouvent insuffisantes.

« On verra ce qui arrive dans les deux prochaines semaines »

Pour faire évoluer la situation, une nouvelle réunion devrait se tenir en marge du tournoi de Rome. Elle pourrait notamment enregistrer la participation des membres de la gouvernance de Roland-Garros et de Wimbledon (29 juin au 12 juillet). L’issue des discussions déterminera si les prochains Grand Chelem auront lieu ou non.

« On verra ce qui arrive. Dans les deux prochaines semaines, nous connaîtrons les dotations pour Wimbledon. Nous espérons vraiment que ce sera mieux. Et puis, bien sûr, il y aura l’US Open », a déclaré Jannik Sinner. Notons que la menace de boycott des Majeurs ne fait pas l’unanimité. Lundi 4 mai, la sextuple lauréate de tournoi du Grand Chelem Iga Swiatek a jugé qu’une telle mesure serait « un peu extrême ». Autrement dit, il ne faut pas aller jusque-là.