L’Italie a été battue mardi par la Bosnie-Herzégovine en barrages de la Coupe du monde 2026 en Amérique du nord. La Squadra Azzurra manquera donc pour la troisième fois consécutive cette compétition. Une première pour une sélection étoilée. Cette nouvelle élimination confirme le déclin du football italien, rongé par de nombreux maux qu’il va falloir soigner pour se redresser.
De pis en pis. Mardi 31 mars, l’Italie a été battue par la Bosnie-Herzégovine aux tirs (1-1 a.p, 1-4 t.a.b) en barrages de la Coupe du monde 2026, qui se jouera en Amérique du nord (Etats-Unis, Canada et Mexique) en juin prochain. Pour la troisième fois consécutive donc (2018 ; 2022 ; et 2026), la Squadra Azzurra ne participera pas à une phase finale de cette grand-messe du football. Une première pour une nation étoilée. Et une nouvelle grande désillusion pour les Italiens, habitués à voir leur sélection jouer les premiers rôles.
L’Italie, deuxième nation la plus titrée en Coupe du monde derrière le Brésil
Quand on connaît l’histoire glorieuse de la Squadra Azzurra, cette situation ne peut que nous attrister. Quatre fois vainqueur de la Coupe du monde (1934 ; 1938 ; 1982 ; 2006) et six fois en finale (défaites en 1970 et 1990 contre le Brésil), l’Italie est le deuxième pays le plus titré de la Coupe du monde de football derrière le Brésil (5 titres : 1958 ; 1962 ; 1970 ; 1994 ; et 2002), à ex aequo avec l’Allemagne (4 titres : 1954 ; 1974 ; 1990 ; et 2014).
Aussi, la Nazionale a produit de grands noms du football mondial comme Dino Zoff, Paolo Maldini, Francesco Totti, Alessandro Del Piero, Gianluigi Buffon ou encore Roberto Baggio. Ces joueurs faisaient trembler les adversaires par leur talent pur, mais aussi et surtout par leur grinta, leur engagement et leur vice dans le jeu.
L’Italie régresse depuis plusieurs années
Mais elle est aujourd’hui loin, cette époque glorieuse du football italien, alors que le pays performe dans d’autres sports comme le tennis (Jannik Sinner, Lorenzo Musetti, Matteo Berrettini), la Formule 1 (Kimi Antonelli), la moto GP (Francesco Bagnaia, Marco Bezzecchi, Marco Bezzecchi).
Hors Euro 2020, gagné face à l’Angleterre, un petit miracle, l’Italie régresse depuis plusieurs années. Ce déclin peut s’expliquer par divers facteurs. Il faut d’abord noter qu’il rime avec la chute des grands clubs italiens comme le Milan AC, la Juventus, la Roma et même l’Inter, qui a été sèchement battu en Ligue des champions l’année dernière par le PSG (5-0).
Désormais l’Italie n’attire plus que les joueurs proches de la retraite
La décadence des clubs italiens est aussi celle de la Série A, autrefois appelée Calcio, un nom qui rimait avec difficultés et excellence. Le championnat italien était le meilleur au monde avant les années 2010, attirant tous les grands noms. Maintenant, il ne séduit que les joueurs proches de la retraite. Un autre problème majeur du football italien est la formation.
L’Italie a incontestablement des talents. En témoigne les générations U17, U19 et U20, qui performent sur la scène internationale, en remportant les Euro et Coupe du monde de leurs catégories. Mais le passage au football professionnel ne se déroule pas toujours bien, au point que beaucoup de jeunes talents disparaissent des radars une fois devenus pro.
Les jeunes talents vont à l’étranger pour avoir du temps de jeu
Il faut en outre souligner que les clubs italiens, et même la Nazionale, préfèrent l’expérience des anciens à la fougue des jeunes, contrairement aux équipes allemandes, anglaises et espagnoles notamment. Dès lors, les meilleurs éléments partent à l’étranger pour pouvoir avoir une chance de s’exprimer.
Ce fut le cas des joueurs comme Samuele Inácio Piá (Borussia Dortmund), Lucca Reggiani (Borussia Dortmund), Nicolò Tresoldi (Club Bruges, et devenu allemand), Michael Kayode (Brentford FC), Nicolò Savona (Nottingham Forest), Federico Coletta (Benfica Lisbonne), Andrea Natali (AZ Alkmaar, en prêt du Bayer Leverkusen) ou encore Matteo Ruggeri (Atlético de Madrid).
De moins en moins d’Italiens sur la feuille de match des clubs de Serie A
Bien sûr, cet important exode des jeunes talents italiens appauvrit la Serie A, qui n’arrive plus à rivaliser avec les autres championnats en termes d’attractivité. Pis, il y a même désormais des clubs italiens dont la compo de match ne compte aucun Italien. Une situation inimaginable il y a quelques années. Selon des chiffres officiels, seulement 35% des joueurs sous contrat en Serie A sont des nationaux. Ce qui peut être problématique, surtout quand on nationalise peu les joueurs comme le font la France, l’Allemagne, l’Angleterre, la Belgique, les Pays-Bas ou encore l’Espagne.
Une incompétence au sommet des instances
On peut en outre relever un problème de philosophie dans le football italien. Celui-ci s’est enfermé dans un conservatisme qui fait que l’Italie évolue dans un système des années 1990 et début des années 2000. Un véritable handicap au moment où les rivaux innovent et adaptent autant leur organisation que leur approche du jeu, devenu plus technique et moins rugueux. Par ailleurs, beaucoup d’observateurs pointent un mauvais management, dénonçant en particulier l’incompétence notoire des dirigeants italiens qui n’ont aucun projet véritable. De ce fait, il y a un grand besoin de ménage, de fond en comble.
L’Italie n’est pas le seul géant du football à connaître des difficultés depuis de nombreuses années
C’est seulement grâce à cette refonte du football que l’Italie renaîtra de ses cendres. Sinon ce sera le purgatoire pour longtemps. Le président de la fédération Grabriele Gravina a déjà démissionné, ainsi que le sélectionneur Gennaro Gattuso. Ce qui constitue un premier pas vers le renouveau tant attendu.
Notons toutefois que l’Italie n’est pas le seul grand à connaître des difficultés depuis de nombreuses années, même si son cas est plus préoccupant. Le Brésil aussi est l’ombre de lui-même depuis la Coupe du monde 2002, tout comme l’Allemagne qui enchaîne des compétitions médiocres depuis 2014. A l’inverse, la France, l’Espagne et le Portugal continue de monter en puissance.
