Depuis l’ouverture des Jeux d’hiver de Milan-Cortina, plusieurs médailles se sont cassées lors des célébrations des athlètes. Parmi les malheureux figurent le fondeur français Mathis Desloges, la championne olympique de descente Breezy Johnson, le biathlète allemand Justus Strelow et la patineuse américaine Alysa Liu. Cette situation serait due à un défaut de fabrication : l’attache qui permet de fixer la médaille au ruban placé autour du cou semble fragile, provoquant la chute des breloques à chaque saut joyeux.
Pas de bol pour eux ! Aux Jeux d’hiver de Milan-Cortina (Italie), ouvert le vendredi 6 février, plusieurs athlètes vainqueurs d’épreuves ont vu leur médaille se briser au moment des célébrations. Au moins une demi-douzaine ont signalé un pareil incident, aussi fâcheux que les mésaventures des Jeux olympiques de Paris (Jeux d’été) de 2024.
« Il y a un truc qui a volé »
Parmi les malheureux figure le fondeur Mathis Desloges, qui a remporté dimanche 8 février la deuxième médaille de la France, la première en argent, en skiathlon. Alors qu’il célébrait sa performance, le Français de 23 ans a eu la mauvaise surprise de voir sa médaille se détacher du cordon. « Il y a un truc qui a volé », a expliqué un membre de l’encadrement en tenant la médaille d’argent à la main dans une séquence diffusée par France TV Sport. Interrogé sur ce passage lors de l’émission « JO Club », Mathis Desloges a déclaré avec sourire : « Là, elle est flinguée […] On va la mettre dans une poche ».
Les athlètes ne doivent plus sauter avec leurs médailles
Comme le Français, l’Américaine Breezy Johnson, sacrée en descente lors d’une épreuve marquée par la lourde chute de Lindsey Vonn, a constaté que sa médaille s’est cassée dans une effusion de joie. « J’étais tellement contente après avoir reçu (la médaille), je sautais dans tous les sens et elle est tombée de son cordon, elle est plus lourde que je ne le pensais », a-t-elle réagi devant la presse. Si elle pense que son mouvement brut a pu faire céder le cordon, la championne américaine ne comprend pas pourquoi la médaille a cassé car « les Italiens sont connus pour leurs talents d’ingénieur ». Elle espère toutefois que « quelqu’un va la réparer. ». Après sa mésaventure, Breezy Johnson conseille aux autres athlètes de ne pas sauter quand ils recevront leurs médailles. « Ne saute pas avec », a-t-elle notamment glissé à l’Allemande Emma Aicher en conférence de presse.
« J’espère que les organisateurs ont un plan B pour la remplacer. »
Du côté de la délégation allemande de biathlon, où Justus Strelow a pris le bronze lors du relais mixte remporté par la France, on préfère interpeller directement les organisateurs des JO de Milan-Cortina. « Eh le CIO, il se passe quoi avec les médailles », interroge un membre du staff allemand. Championne olympique de patinage artistique lors de l’épreuve par équipe, l’Américaine Alysa Liu, elle, a préféré ironiser sur ses réseaux sociaux en s’affichant avec sa récompense à la main, sans attache, précisant que sa « médaille n’a pas besoin de ruban ». Pour sa part, la fondeuse suédoise Ebba Andersson estime que l’on n’a pas forcément besoin de secouer l’objet pour qu’il rompe car l’attache n’est pas bonne. « J’espère que les organisateurs ont un plan B pour la remplacer. », a-t-elle déclaré sur la télé publique SVT.
Pour les JO de Paris, le problème venait des médailles d’une dégradation de surface
« Nous sommes pleinement conscients de la situation et vous avez vu les images », a commenté pour sa part Andrea Francisi, directeur des opérations des Jeux de Milan-Cortina, lors d’une conférence de presse lundi 9 février. « Nous cherchons à déterminer exactement quel est le problème. », a-t-il ajouté. Selon plusieurs témoignages, le problème vient de l’attache entre le cordon et la breloque. Le fermoir qui relie le disque (d’or, d’argent ou de bronze) au ruban serait défectueux. Il aurait été conçu pour céder après une trop forte traction, pour éviter tout étranglement.
Le système craquerait particulièrement sous le poids de la médaille. Heureusement, l’organisation a installé un point de réparation sur les sites, après avoir tiré des leçons des Jeux olympiques de Paris 2024, où 4% des médailles avaient fini à la poubelle. Pour ces jeux parisiens, le problème ne venait pas d’une casse physique, mais d’une dégradation de surface (oxydation, écaillement, ternissement).
