Et si on cessait d’organiser les JO d’hiver dans différents pays et lieux ? Une étude du cabinet Circle Strategy publiée jeudi suggère d’instaurer une rotation entre cinq sites déjà aménagés pour limiter les coûts et l’impact environnemental. Elle propose les Alpes françaises, les Alpes suisses, les Rocheuses canadiennes, les Rocheuses américaines et le Japon. Selon la projection du cabinet, ces sites seraient rentables au bout de 25 ans, alors que les jeux hivernaux sont devenus déficitaires.
À chaque édition des Jeux olympiques d’hiver ( comme pour ceux d’été), on a droit aux mêmes critiques des ONG. Les associations dénoncent les coûts exorbitants des infrastructures et l’impact environnemental de l’événement, qui rassemble des centaines d’athlètes de diverses disciplines sportives et des millions de visiteurs. Pour des jeux plus sobres, une étude du cabinet français Circle Strategy, publiée le jeudi 18 décembre, suggère d’instaurer une rotation entre cinq sites « permanents ».
Un déficit moyen de 4,7 milliards de dollar de 2010
« Après un siècle d’histoire, les Jeux olympiques d’hiver restent un événement majeur, mais leur modèle atteint aujourd’hui un point de rupture. L’ampleur des investissements, des déficits abyssaux, la pression environnementale et les attentes des territoires hôtes obligent désormais à repenser profondément leur organisation », déclare Jean-Marc Liduena, directeur général du cabinet de conseil en stratégie.
Dans son rapport, Circle Strategy note que depuis 2010, les JO d’hiver enregistrent un déficit moyen de 4,7 milliards de dollars, principalement dû à des coûts de construction très élevés. Ceux-ci atteignent 5,3 milliards de dollars en moyenne par édition, avec la moitié des infrastructures construites pour l’événement.
Les JO d’hiver menacés par le changement climatique
Circle Strategy prévoit également que le nombre de sites « viables » pour accueillir les Jeux diminuera rapidement, passant de 93 en 2025 à seulement 30 d’ici 2080. En cause – comme on l’imagine – le réchauffement climatique, qui réduit les quantités de neige. Compte tenu du contexte climatique et de l’absence de rentabilité, le cabinet européen suggère de déterminer cinq « hubs permanents » et « viables » pour une « rotation fixe » tous les quatre ans. Se basant sur une modélisation, il propose les Alpes françaises, les Alpes suisses, les Rocheuses canadiennes, les Rocheuses américaines et le Japon.
Avec une rotation entre cinq sites, les JO d’hiver pourraient devenir rentables au bout de 25 ans
Déjà aménagés, durables et attractifs, ces sites pourraient éviter la construction de nouvelles infrastructures éphémères, inadaptées et coûteuses pour l’environnement, selon Circle Strategy. Se basant sur une projection, le groupe estime que 100 % de ces lieux seront rentables après le premier cycle d’utilisation (25 ans). Il s’attend à des profits moyens de 2,2 milliards de dollars, contre un investissement initial de 13 milliards. Circle Strategy parie aussi sur une réduction de 72 % des coûts de construction, grâce à la rénovation, ainsi qu’une division par deux des émissions carbone.
Le CIO a déjà évoqué ce changement par le passé
Comme le relève Circle Strategy lui-même, cette idée de recourir à des « hubs permanents » et à une rotation entre eux a déjà été envisagée par le Comité international olympique (CIO). À plusieurs reprises ces dernières années, l’organisme a évoqué la possibilité d’une rotation entre une poignée d’hôtes disposant déjà de tous les équipements. La nouvelle étude représente donc un appel à passer à l’acte. Mais le CIO osera-t-il changer les règles quand tous les pays tempérés et polaires souhaitent accueillir les JO d’hiver, espérant en tirer des profits ? En attendant une potentielle rotation entre cinq sites, l’ancien système se perpétue. Les prochains Jeux d’hiver, ceux de Milan Cortina (Italie), auront lieu du 6 au 22 février 2026.
