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JO d’hiver 2030 : la préparation de l’événement a mal débuté

Dimanche dernier, Milan-Cortina a passé le flambeau aux Alpes françaises, qui organisent les JO d’hiver 2030. Cet acte a lancé officiellement la préparation de ces prochains jeux, qui s’annoncent gigantesques. Mais le chantier a mal débuté avec des conflits à la gouvernance du Cojop. Le directeur général Cyril Linette a démissionné mercredi, la quatrième en quelques mois.

Les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de Milan-Cortina (Italie) ont pris fin dimanche dernier, avec un beau record de médailles à la clé pour l’équipe de France. Celle-ci a décroché 23 breloques, soit 8 de plus que les deux précédents records de 2014 à Sotchi (Russie) et 2018 à Pyeongchyang (Corée du Sud). En clôture de ces Jeux italiens, le drapeau olympique a été transmis aux Alpes françaises, qui organiseront les prochains jeux en 2030 (du 1er au 17 février 2030).

Conflits à la tête de l’organisation des JO d’hiver 2030

Mais les préparations démarrent mal. Depuis plusieurs mois, le comité d’organisation des jeux olympiques et paralympiques (Cojop) est fragilisé par une crise de gouvernance. Alors que tout allait bien entre Tony Estanguet et Étienne Thobois, respectivement président et directeur général du Cojop des Jeux d’été de Paris 2024, ce n’est pas le cas avec leurs collègues des JO d’hiver 2030. À savoir le président Edgar Grospiron et le directeur général Cyril Linette. De gros desaccords entre les deux dirigeants ont nécessité une réunion d’urgence le 10 février. Mais rien n’y fit. Mercredi, Cyril Linette a annoncé son départ, alors que Edgar Grospiron était auditionné par le Sénat.

Edgar Grospiron n’a pas convaincu le Sénat

C’est la quatrième démission au sein du Cojop, après celle de la directrice des opérations, Anne Murac, du directeur de la communication Arthur Richer et du président du comité des rémunérations Bertrand Méheut. Après les deux premiers départs, la ministre des Sports Marina Ferrari avait dit espérer qu’« après la phase critique que nous avons connue, (…) on repasse sur des bonnes bases ». Ce renouveau se fera sans Cyril Linette, tandis que Edgar Grospiron n’a pas rassuré les sénateurs. « Ni l’identité, ni le logo, ni la carte des compétitions n’ont été présentées », a déclaré perplexe le sénateur LR, Michel Savin. L’inspection générale des finances a diligenté une mission d’inspection sur le Cojop, qui a quatre ans pour offrir des jeux aussi réussis que ceux de Paris.

Le budget en pré-format 

Outre les problèmes de gouvernance, le budget constitue une autre épine dans les pieds des organisateurs. Une première version avait été validée en octobre 2025 par le conseil d’administration du Cojop à hauteur de 2,132 milliards d’euros, dont 75 % de recettes privées et 25 % de contributions publiques. Cette mouture s’appuie sur le schéma préférentiel des sites, en attendant la carte définitive. Elle devrait naturellement évoluer au fil des mois, comme ce fut le cas pour Paris 2024. Il faudra y ajouter le budget de la Solideo, la société de livraison des ouvrages olympiques, estimé à 1,3 milliard d’euros, dont 800 millions d’euros de contribution publique.

Il reste à arrêter la carte des sites des JO d’hiver 2030

Par ailleurs, la carte définitive des sites est très attendue. Elle sera dévoilée en juin prochain. Le Cojop a arrêté pour l’instant quatre grands pôles : Savoie, Haute-Savoie, Briançon et Nice. Mais ses choix ont provoqué des réactions de désapprobation. Notamment de la part du maire de Méribel, dont la ville a été écartée des épreuves de ski alpin au profit de Val d’Isère. Thierry Monin a annoncé en juillet 2025 que sa station se retirait de l’organisation des épreuves paralympiques que lui confiait le Cojop.

On peut en outre évoquer la question des infrastructures encore inexistantes, des villages olympiques à construire, des transports et du choix du lieu de la cérémonie d’ouverture et de clôture. Les organisateurs ont clairement du pain sur la planche. D’où l’impérieuse nécessité de régler rapidement les conflits de gouvernance.