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Rallye Dakar : une première semaine marquée par des crevaisons

Le Rallye Dakar, qui se déroule encore cette année en Arabie Saoudite, a démarré le dimanche 4 janvier. La première semaine a été marquée par une série de pannes de pneus et de crevaisons, qui ont fait perdre plusieurs minutes à certains pilotes comme Sébastien Loeb. Pendant les trois premières journées de course, le Français a roulé loin de son potentiel, ralenti par des crevaisons et par un devoir de gestion. Cette deuxième semaine est moins mouvementée.

Comme en 2025, le Rallye Dakar se tient cette année en Arabie Saoudite. La 48e édition a démarré le dimanche 4 janvier avec les principaux concurrents sur la ligne de départ, dont le Qatarien Nasser Al-Attiyah, le Français Sébastien Loeb et l’Espagnol Carlos Sainz. Mais la première semaine ne s’est pas bien passée pour les pilotes. Elle fut frustrante pratiquement pour tout le monde, avec une cascade de crevaisons.

Sébastien Loeb a subi des crevaisons pendant trois journées de suite sur ce Rallye Dakar

Plusieurs pilotes ont signalé des pannes de pneumatiques dans les premières étapes, entraînant des arrêts d’urgence aux stands juste pour garder leurs véhicules dans la course. Sébastien Loeb a subi des crevaisons pendant trois journées de suite sur le Dakar. Le Français a notamment crevé au début de la spéciale et a eu du mal à gérer la fin de l’étape. Tout comme le Qatarien Nasser Al-Attiyah. Mais le quintuple vainqueur de la course s’en est plutôt bien sorti avec une crevaison, lors de la spéciale.

« Sans les arrêts aux stands, cela aurait été un désastre »

Guillaume De Mévius et son copilote français Mathieu Baumel ont également vécu une journée cauchemardesque le mardi 6 janvier lors de la troisième étape du Dakar 2026. Le duo a crevé à trois reprises, ce qui lui a fait perdre 2 heures, 24 minutes et 58 secondes. « On perd beaucoup de temps. C’est frustrant, mais ça fait partie du jeu. Je ne suis pas le seul à avoir crevé trois fois aujourd’hui, mais nous sommes une plus petite équipe. On le savait en démarrant la course… », a déclaré le pilote belge.

De son côté, l’ouvreur (éclaireur) sud-africain Henk Lategan n’a concédé que sept minutes aux vainqueurs du jour (Mitch Guthrie et son copilote Kellon Walch), avec une seule crevaison. Joan Navarro, ingénieur en chef chez M-Sport Ford, pense que « sans les arrêts aux stands, cela aurait été un désastre », avec plus de 15 crevaisons parmi sept voitures en une seule étape ». Pour lui, « c’est scandaleux ! ».

BFGoodrich, fournisseur des pneus de ce Rallye Dakar, pointés du doigt

Comment expliquer ces crevaisons en série pendant la semaine du Rallye Dakar ? Joan Navarro accuse les nouveaux pneus controversés du fabricant BFGoodrich (Michelin). « Ce pneu n’est pas validé. Nous testons normalement nos composants sur plus de 5 000 kilomètres, mais celui-ci a été introduit à la dernière minute lors du Rallye du Maroc. C’est inacceptable ! », a-t-il critiqué. Mais certains pointent plutôt le terrain accidenté saoudien, en particulier les sections rocheuses au nord et de l’ouest, dont les pistes autour de Yanbu, camp de base de ce Dakar 2026. Ce paysage est parsemé de pierres. Devenu un adversaire redoutable pour les concurrents, il peut rapidement causer des crevaisons.

Des roches aiguisées comme des rasoirs

« Le terrain est incroyablement difficile pour les pneus, et tout repose sur la gestion des pneus. », confirme Tiphanie Isnard, directrice de l’équipe Dacia, dont les ingénieurs ont renforcé la bande de roulement pour atténuer les incidents. Jan Verhaegen, le directeur de l’équipe Toyota, a également rejeté la responsabilité de BFGoodrich, attribuant la forte incidence de crevaisons à la nature unique des pierres tranchantes éparpillées sur le parcours. « Nous avons affaire à des roches aiguisées comme des rasoirs, presque comme de la céramique » a-t-il expliqué. Certains observateurs considèrent les deux points de vue. Selon eux, les roues avant (AV) « creusent » davantage à cause de la traction et exposent les pierres, qui endommagent à leur tour les gommes arrière (AR) beaucoup plus chaudes.

Nani Roma leader au général du Rallye Dakar après la 9e étape

Face à la cascade de crevaisons, le directeur du Dakar, David Castera, parle de « chance » et de « loterie » pendant la première semaine. Matthew Wilson, le patron de l’équipe M-Ford, estime également que le rallye « s’est transformé en un pari, et c’est frustrant pour tous ceux qui investissent tant pour concourir. ». Heureusement, la deuxième semaine est moins chaotique, avec un parcours se dirigeant vers le sud en direction de Wadi ad-Dawasir et Bisha avant de revenir vers le nord.

Après la 9e étape disputée hier mardi Nani Roma (ESP) et Alex Haro (ESP) de Ford Racing mène la danse avec un chrono de 36h44’01’’. Ils sont suivis des duo Carlos Sainz (ESP) / Lucas Cruz (ESP) de Ford Racing à 57’’, et Nasser Al-Attiyah (QAT) / Fabian Lurquin (BEL) de The Dacia Sandriders à 1’10’’. Henk Lategan (AFS) / Brett Cummings (AFS) de Toyota Gazoo Racing SA sont 4e à 6’13’’. Sébastien Loeb (FRA) / Edouard Boulanger (FRA) de The Dacia Sandriders sont 6e à 21’06’’. Il reste encore quatre journées avec celle de ce mercredi.