Face à Toulon, le dimanche 4 janvier, La Rochelle a célébré les dix ans de son incroyable série en cours de guichets fermés en Top 14. Depuis le 2 janvier 2016, en effet, le stade Marcel-Deflandre affiche complet, alors même qu’il a été agrandi à trois reprises pour atteindre 18 000 places. Comment expliquer cet exploit inédit dans le rugby français ?
Le dimanche 4 janvier 2026, lors de la réception de Toulon, en clôture de la 14e journée de Top 14, La Rochelle a célébré un anniversaire hors norme : sa dixième année consécutive dans le championnat avec les tribunes toujours pleines. C’est un exploit inédit dans le rugby français, que même l’ogre Toulouse n’a jamais réalisé.
Il faut désormais être un abonné de La Rochelle pour avoir l’assurance d’une place
La série des dix ans de guichets fermés a été entamée le 2 janvier 2016 et a atteint son 112e match consécutif le dimanche 4 janvier. Sur cette période, près de 1,8 million (1 799 680) de spectateurs ont assisté aux matchs des Jaune et noir à Marcel-Deflandre. Au total, les Maritimes ont remporté 93 matchs à domicile, soit un taux de victoires de 83, 8 %. C’est donc pratiquement une forteresse quasi imprenable. Sauf peut-être pour Toulouse…
Si dans les années 2000 (alors que le club à la caravelle évoluait en Pro D2), on pouvait s’allonger dans les tribunes pour regarder les Jaune et noir jouer, il est devenu très difficile, voire impossible d’assister à l’une de leurs rencontres à domicile sans être un abonné. Et cela malgré les trois agrandissements pour atteindre une capacité de 18 000 places ( 3 000 de plus qu’en 2016).
Les femmes et les enfants vont de plus en plus au stade
Les dix années de guichets fermés surprennent d’autant que La Rochelle est une petite ville, avec ses quelque 80 000 habitants. Selon la direction du club, ce « record historique » est « le symbole de la ferveur et de la fidélité du public rochelais depuis une décennie », même dans les moments difficiles. Pour preuve, le champion d’Europe 2022 et 2023 enregistre un taux de réabonnement de 99,5 %. Tout simplement exceptionnel !
Pour la saison en cours, La Rochelle recense 1 336 entreprises partenaires (soit 4 059 places VIP) et 11 216 abonnés. La direction met également en avant un public qui a évolué, avec énormément de femmes, qui s’y connaissent beaucoup en rugby, ainsi que des enfants qui viennent au terrain avec leurs parents.
La Rochelle s’inspire de Portland Trail Blazers
En outre, les dirigeants de La Rochelle pointent la solidité du club (titres européens, phases finales), sa popularité et son ancrage territorial. En effet, l’équipe est portée par tout le public charentais, mais aussi des supporters venus de départements voisins, où il n’y a pas un club majeur dans le rugby. On trouve même des Nantais et des passionnés venus de toute la façade atlantique pour se mêler aux Rochelais et constituer le 16e homme.
Enfin, Pierre Venayre, le directeur général de La Rochelle, relève un service marketing performant, avec des billets abordables et des ventes en ligne toujours plus simples. Selon le dirigeant charentais, l’équipe a commencé son incroyable série de guichets fermés en 2015 au contact d’un ancien manager des Portland Trail Blazers, une franchise NBA, qui avait enchaîné plus de 850 matchs consécutifs en « sold out ».
Plus facile de remplir une 18 000 places ?
« Nous, on n’avait pas commencé la série et je vous avoue qu’à l’époque, si on nous avait dit 100 matchs consécutifs, ça nous aurait semblé assez fou ! », confiait l’année dernière Pierre Venayre auprès de L’Équipe. S’il espère que cette série de guichets fermés se poursuivra, cet ancien centre du Stade Rochelais (2001-2008) tient à remettre les choses en perspective.
« Il faut aussi avoir la modestie de savoir que ce n’est qu’un stade de 17.000 places. Bordeaux a des affluences moyennes plus importantes que les nôtres » affirma-t-il en toute humilité. S’il est plus facile de remplir une 18 000 places qu’une 32 000 (capacité du stade Chaban-Delmas), le faire sur plus de 110 matchs consécutifs dans une petite ville comme La Rochelle reste un exploit à saluer.
