Suite à la mort de Sivert Bakken, le 23 décembre en Italie, l’Agence mondiale antidopage réfléchit à une interdiction des masques hypoxiques, qui servent à simuler les conditions d’oxygène en altitude. Un de ces équipements a été retrouvé sur le corps du biathlète norvégien dans sa chambre d’hôtel. Il était réglé sur une altitude équivalente à 7 000m au-dessus du niveau de la mer, alors que l’AMA recommande de ne pas dépasser 3 000m d’altitude simulée.
Sivert Bakken a été découvert sans vie dans sa chambre d’hôtel à Lavazè, en Italie, le mardi 23 décembre, deux jours après avoir participé à la mass start du Grand-Bornand. Cette mort précoce et brutale de l’athlète norvégien a profondément choqué et ému le monde du biathlon, qui s’interroge sur les circonstances et la cause de ce décès. La police italienne a ouvert une enquête et demandé une autopsie, dont les résultats seront connus d’ici à mars.
Sivert Bakken, un grand espoir du biathlon
Grand espoir du biathlon, Sivert Bakken avait remporté sa première course de Coupe du monde en 2022 à Oslo Holmenkollen, dans la mass-start de 15 km. Mais, après une saison 2021-2022 couronnée de succès, il avait dû interrompre sa carrière quelque temps en raison de problèmes cardiaques, une myocardite plus précisément.
Cette inflammation du muscle cardiaque découvert chez lui serait lié aux effets secondaires du Covid-19, après sa troisième dose de vaccin contre ce virus. De retour au plus haut niveau après une longue convalescence, le jeune homme de 27 ans occupait le 13e rang du classement général à l’issue de l’étape du Grand-Bornand, mi-décembre, où il avait pris la 5e place du sprint. Sivert Bakken rêvait des JO 2026 de Milan-Cortina, qui auront lieu en février.
Le jeune homme retrouvé mort avec un masque hypoxique
Selon le média norvégien VS, le corps de Sivert Bakken a été retrouvé portant un masque hypoxique, équipement dont le but est de simuler les conditions d’oxygène en altitude. Ce dispositif était réglé sur une altitude équivalente à 7 000m au-dessus du niveau de la mer, tandis que la station de Lavazè où se trouvait le biathlète norvégien se situe à 1 800m d’altitude. Par conséquent, le biathlète respirait probablement très peu d’oxygène.
Mais il n’est pas sûr que c’est lui qui a effectué ce réglage. Une des personnes, qui ont découvert le corps et alerté la police, aurait pu toucher le masque par inadvertance ou sous le stress, cherchant à le sauver. « À ce stade de l’enquête, rien ne permet d’affirmer ou d’infirmer que le décès ait un lien avec l’utilisation d’un équipement dit ‘’d’entraînement en altitude simulée’’ », affirme Bernt Heiberg, l’avocat de la famille de Bakken, qui appelle à la prudence.
Le Comité olympique norvégien déconseille les masques hypoxiques
La police italienne a procédé à la saisie des objets et équipements retrouvés dans la chambre de Bakken. Elle va les examiner de plus près et communiquera dessus dès que possible. Une autopsie est également en cours, dont les résultats sont désormais attendus d’ici le 7 mars prochain.
S’ il est impossible à l’heure actuelle d’établir un lien entre le port du masque hypoxique et le décès de Sivert Bakken, le Comité olympique norvégien a d’ores et déjà choisi de déconseiller cet équipement à ses athlètes. La Fédération norvégienne de biathlon a également demandé par précaution de ne plus utiliser de masques d’altitude dans le cadre des entraînements.
Sivert Bakken n’a pas respecté les recommandations de l’AMA
Selon Marca, l’Agence mondiale antidopage (AMA) aurait aussi décidé de revoir sa position et de travailler à interdire les masques hypoxiques. Elle s’inquiéterait de la sécurité et des impacts sur la santé des athlètes, après la mort de Sivert Bakken. En 2006, l’instance avait pourtant autorisé l’utilisation de ces dispositifs.
L’AMA refusait de les classer comme dopants, les considérant comme un moyen de simuler une condition naturelle car ils n’introduiraient pas de substance extérieure dans l’organisme. Mais, elle avait accompagné son feu vert de recommandation comme celles de ne pas utiliser le maque seul ou de ne pas dépasser 3 000m d’altitude simulée, alors que celui de Bakken était réglé à 7 000m.
